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Pour débuter ce dossier, voici trois
articles. Le premier,bref, est consacré à l'avenir
politique de Rudolph Guiliani.Il était destine aux colonnes
de VSD mais a terminé sa course dans le marbre. Le deuxième
est la version intégrale d'une analyse sur la stratégie
américaine afin d'obtenir la condamnation à mort
de Zacarias Moussaoui. Le dernier enfin est la version longue
d'une histoire étonnante. Celle d'Emad Salem, taupe du
FBI à la veille du premier attentat contre le World Trade
Center en 1993. Je suis certain qu'il déclenchera de vive
discussions sur le forum.
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Le
joker de Bush |
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Profitant de son immense popularité post-11 septembre,
Rudolph Guiliani est en train de devenir une valeur incontournable
du Parti républicain. Depuis six mois, lorsque “Rudy” soutient
un candidat, il gagne, même lorsque, comme ce fut le
cas à New-York pour son remplaçant, il part avec
un handicap de plus de dix points dans les sondages. Un effet
qui n’a pas échappé aux stratèges
du Parti républicain, persuadés que Guiliani
pourrait faire le colistier idéal de George W. Bush
en 2004. Si Dick Cheney, l’actuel vice-président
bénéficie lui aussi d’une bonne côte
de popularité, de récurrents problèmes
cardiaques pourraient l’inciter à se retirer de
la vie politique à la fin du premier mandat du Texan.
Et si du côté de “ Rudy” ont ne ferme
pas la porte à l’éventualité d’un
ticket Bush-Guiliani, son entourage proche confirme non seulement
l’hypothèse mais précise qu’il s’agira
alors d’un galop d’essai. Avec en ligne de mire,
l'échéance 2008 où Guiliani pourrait bien,
sous les couleurs républicaines, concourir pour une
place à la Maison Blanche.
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La
stratégie américaine pour condamner Zacarias Moussaoui à la
peine de mort. |
VSD s’est procuré deux documents inédits
dévoilant la manière dont les autorités
américaines vont procéder pour condamner le Français à la
peine capitale. Le premier, l’acte d’accusation,
détaille non seulement les charges retenues contre lui
mais insiste sur les points pouvant emporter la conviction
du jury chargé de son sort. Mais c’est surtout
le second, une lettre de douze pages envoyée aux familles
victime des attentats du 11 septembre, qui révèle
que dans leur course à la chaise éléctrique,
les representants du ministère de la Justice américaine
n’épargneront aucun effort pour se payer la tête
de Zacarias Moussaoui.
“ Je vais témoigner contre lui et, si sa culpabilité est
prouvée, je souhaite, comme la quasi totalité des familles, que
Moussaoui soit exécuté”. Stephen Push, le représentant
des proches des victimes du crash du Pentagone, fait parti de ses milliers d’Américains
contacté pour venir témoigner à charge contre Zacarias Moussaoui.
Le Français, incarcéré depuis cet été, est
suspecté par les autorités de Washington d’être le
vingtième membre des commandos responsables des attentants du 11 septembre.
Moussaoui, pensionnaire d’une école de pilotage, avait été interpellé suite à un
comportement jugé suspect lors de leçons où il ne semblait
guère s’interesser au décollage et atterissage d’un
appareil. Aujourd’hui, seul suspect derrière les barreaux, il est
devenu un enjeu non seulement entre la France et les Etats-Unis mais également
pour le gouvernement américain soucieux de donner enfin un coupable à l’opinion
d’un pays traumatisé.
Aussi, c’est dans ce sens, que l’acte d’accusation “ en
vue de l’obtention de la peine de mort” a été rédigé par
les services de Paul McNulty, avocat général représentant
les Etats-Unis. Un document fort, visé et approuvé par
le ministère de la Justice, débutant par un rappel des
charges retenues contre le Français. Mais au delà des accusations “d’acte
de violence (...) commis de manière haineuse, cruelle et dépravée
(...) et constituant un total dédain pour le genre humain et les
victimes de ce crime”, ce document détaille sur neuf pages
une série de circonstances aggravantes. Premier point retenu,
le fait que “le 23 février 2001, Zacarias Moussaoui, citoyen
français, soit rentré aux Etats-Unis, où il a pu
apprécier les opportunités d’éducation offerte
par une société démocratique, et dont le but était
de s’approprier une connaissance specialisé dans le pilotage
d’avions afin de tuer le plus d’Américains possible.”.
Ce rappel sous forme de validation du modèle américain
est étrange car il sous-tend que les Etats-Unis sont un pays plus
libre que la France et où des possibilités d’éducation
sont offert à tous. Une opinion, c’est certain qui ne réchaufferra
pas les relations déja tendues entre les deux pays.
Les paragraphes 2,3,4 reviennent sur le tragique bilan du 11 septembre
: “ Des actes de Zacarias Moussaoui ont résulté la
mort d’approximativement 3000 personnes originaire d’au moins
quinze pays. ( La plus grande perte humaine lié à un acte
criminel de l’Hisotire des Etats-Unis)”.
Le point 5, consacré uniquement à la ville de New-York, étalle
sur quatre feuillets, l’étendue des dégats humains
et financiers que les autorités américaines attribue à la
chute des Twin Towers et plus précisément à Zacarias
Moussaoui : “ Les décés de 343 membres du New York
City Fire Department dont une majorité de son état-major
(...), de 23 officiers de la police de New York City et la perte de multiple
véhicules utilisés pour combattre le crime (...) la mort
d’un agent du FBI, la destruction du bureau new yorkais du Secret
Service, la perte de 184 véhicules dont 7 limousines blindées
(...), le dérèglement du trafic ferroviaire et métros
(...), la fermeture des parcs, aires de jeu et écoles de Manhattan(...)
le déménagement des sociétés installées
dans le World Trade Center et les conséquences économiques
en résultant, l’interruption du service téléphonique
(...) la destruction de milliers de mètres carré de bureau
et la perte économique en découlant chiffrée à plusieurs
milliards de dollars (...) la fermeture provisoire de la Bourse de New
York (...), et le report de l’Assemblée Générale
des Nations Unies”.
Le point suivant, effectue le même genre d’inventaire mais
cette fois-ci concerne l’attentat contre le Pentagone. On y apprend
ainsi que le Français est tenu responsable de “ la destruction
du Naval Command Center et la perte de la majorité de ses membres
(...) la destruction de milliers de mêtre carrés, (...)
dont une partie venant d’être rénovée pour
plus de 250 millions de dollars, la destruction d’ordinateurs,
d’équipements technologiques spécifiquement construit à l’usage
du Pentagone.”
Enfin, sorte de couperet, l’acte d’accusation se conclue
sur cette charge : “ Zacarias Moussaoui a démontré une
absence complète de remord”.
Le deuxième document détaillant la stratégie américaine
contre le Français est une lettre en date du 7 mars et sur papier
en tête du Departement de la Justice. Ecrite par David Novak, un
membre de l’équipe de l’accusation, elle a été envoyée à plus
de trois mille américains,victimes ou proches de victimes des
attentats du 11 septembre. Si la correspondance, afin de “vous
inviter à participer aux poursuites contre M. Moussaoui” débute
par un classique rappel des charges, elle dévoile ensuite la tactique
adoptée pour très clairement obtenir l’exécution
du Français : “ (il s’agira pour nous) de démontrer
l’impact du crime sur les victimes. Une opportunitée de
décrire la vie de ceux qui l’ont perdu et la conséquence
de cette perte sur les survivants ( émotionnel, financier...).
Pour ceux qui ont survécu mais ont été bléssé,
c’est leur chance de décrire l’impact de ces blessures
sur leur quotidien.(...). Evidemment, nous ne pourrons pas raconter l’histoire
de chaque victime car sinon le procès durerait indéfiniment.
Mais, nous raconterons l’histoire individuelle d’une trentaine
de victimes, servant de microcosme à la totalité.(...)
Notre intention est de sélectionner des victimes représentant
la diversité de l’Amérique.”
Cette sélection aux témoignages les plus accablants entraine
une précision de Novak : “Laissez moi insister sur un point.
Si nous ne selectionnons pas l’histoire de votre bien aimé ce
n’est pas parce que sa vie a moins de valeur qu’une autre.
Nous essayons simplement de mettre sur pied le meilleur dossier possible
afin de s’assurer que Moussaoui soit punit à la juste valeur
de ses actes”.
Autre “truc” de l’accusation afin de s’attirer
la sympathie du jury, l’utilisation de photographies des victimes
: “ nous avons l’intention de produire la totalité des
photographies des victimes afin que le jury comprenne l’énormité du
crime. Il est insuffisant de dire que nous avons perdu 3000 personnes
car il s’agit simplement d’un nombre alors que chaque victime
n’était pas un numéro.(...) Ce cliché correspondra à la
manière dont vous voulez que le monde se souvienne votre bien-aimé,
car, de bien des manières, ce procès servira de témoignage
pour l’Histoire.”
Le document poursuit ensuite sur l’organisation des entretiens
de sélection, donnant un emploi du temps rigoureux de neuf heures à vingt-heures
trente, où, à Boston, Arlington et New York chacun pourra
livrer ses souvenirs. Des rencontres placées sous haute surveillance
et où “la presse ne sera pas la bienvenue”. Enfin,
la lettre de David Novak se termine sur un large questionnaire (voir
encadré) afin de mesurer l’impact de l’histoire de
chacun. Le tout se concluant sur cet engagement : “ Nous nous engageons à tout
faire afin de respecter votre vie privée et reconnaissons votre
perte tout en étant déterminé à obtenir justice.”
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Encadré :
Le questionnaire à charge contre Moussaoui |
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Le courrier envoyé aux familles et
victimes des attentats du 11 septembre est accompagné d’un
questionnaire de cinq pages afin de préparer l’accusation
contre Zacarias Moussaoui et, in fine, obtenir sa condamnation à mort.
La peine de mort, justement, est un des points détaillé dans
le questionnaire. Il s’agit de connaître la position
de chacun face à cette question, car, comme l’écrit
David Novak, “ il vous faut comprendre que l’impact
formé par l’ensemble des témoignages des
victimes sera utilisé comme preuve afin de soutenir
notre demande que M.Moussaoui soit exécuté. Ceux
d’entre vous qui sont opposés à la peine
de mort, sont toutefois les bienvenus aux entretiens. Ils devront
préciser leur souhait de ne pas participer à la
phase finale en accord avec leur opinion sur la peine de mort”.
Le questionnaire est divisé en trois catégories. D’abord,
les informations concernant les victimes. En sus des demandes classiques
sur la situation familiale et professionnelle à la veille du 11
septembre, chaque famille est invitée à livrer des souvenirs
personnels et des traits de personnalités sur “le cher disparu”.
Et la nécessité de fournir un cliché est à nouveau
précisé. La deuxième catégorie s'intéresse à la
personne remplissant le questionnaire. Ainsi on lui demande si elle prête à témoigner
contre Zacarias Moussaoui et sa position face à la peine de mort.
Autre point fort, savoir si elle a eu une conversation téléphonique
avec le disparu le 11 septembre. Si cet échange a eu lieu alors
que la future victime se trouvait au World Trade Center, au Pentagone
ou dans un des avions, il s’agit d’un plus pour l’accusation.
C’est pour cela aussi, décidé à surfer sur
la vague de l’émotion, que les services du Ministère
de la Justice demande si ce dernier signe de vie a été enregistré sur
répondeur par exemple et dans le cas présente demande à obtenir
ce témoignage post-mortem. La dernière catégorie
s’adresse aux blessés. Il y question de description de la
douleur, de conséquences sociales, de marques indélébiles.
Enfin, histoire de démontrer que dans sa volonté à obtenir
la mort de Moussaoui, les autorités américaines n’hésiteront
devant aucun artifice, il est demandé de fournir “ une photographie
montrant les blessures et prise le plus près possible du 11 septembre”.
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Emad Salem |
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6 février 1993. Le World Trade Center est secoué par
une explosion. Aujourd’hui, il est impossible de ne pas
y voir une tragique répétition des événements
du 11 septembre. Mais c’est pour une toute autre raison
qu’il faut revenir sur le premier attentat contre les
Twins Towers. En 1993, le FBI avait une taupe au sein de l’équipe
des terroristes. Un informateur si proche du sommet du réseau
que le Bureau à pu suivre la fabrication de la bombe.
Mais, paralysés par une lourdeur administrative et la
peur du risque, les agents du FBI n’ont pas réussi à stopper
une opération dont ils connaissaient l’objectif
en avance.
Alors que l’Amérique s’étonne de l’échec
de ses services de renseignements à prévenir le 11 septembre,
elle ignore les véritables raisons d’une autre faillite
: l’attentat contre le World Trade Center du 26 février
1993. La première incursion des terroristes d’Al Quaeda
sur le territoire américain fait six victimes, plus d’un
millier de blessés et un demi-milliard de dollars de dégâts.
Oussama Ben Laden avait rêvé d’un bilan plus lourd,
espérant faire chuter au moins un tour. Il attendra huit ans pour
voir dans toute son horreur sa vision se réaliser.
Quelques semaines après l’attentat, les agents du FBI capturent
un réseau de terroristes agissant sous la tutelle du Sheik Rahman,
un des guide spirituel du Jihad islamiste égyptien et du réseau
Al-Quaeda. Les hommes du religieux aveugle préparaient une vague
d’attaques contre New-York. Le plan était ambitieux. Il
s’agissait de détruire le siège des Nations-Unies,
s’attaquer aux symboles de la ville telle la Statue de la Liberté et
de créer une série d’explosions mortelles dans les
tunnels de la ville passant sous l’Hudson River. Au cœur de
ce coup de filet sans précédent, Emad Salem, une taupe
du Bureau. Salem, la quarantaine, est un ancien officier égyptien
convertit dans la fructueuse chasse aux terroristes. Pour un million
de dollars et son admission dans le programme de protection des témoins,
Salem a permis au FBI de se donner l’illusion de pouvoir peser
sur les cellules terroristes.
La collaboration d’Emad Salem avec le FBI New-York est en réalité à deux
volets. Alors que lors du procès du réseau Rahman, il n’est
quasiment question que de la deuxième partie, c’est la première,
celle d’avant la traque, qui est la plus troublante. En effet,
Salem avait réussi à gagner la confiance des terroristes
et, en liaison avec ses agents traitants à supervisé la
fabrication de la bombe destinée au World Trade Center. Et pire
encore, confronté à une pression administrative en désaccord
avec la réalité du terrain, Salem a du renoncer à son
plan initial qui était de changer les composants de la bombe afin
d’en limiter les dégâts.
Le 24 juin 1993, alors qu’il vient juste d’être admis
dans le Programme de protection des témoins, Emad Salem se confie
aux US Marshalls chargé de sa sécurité. Depuis 1991,
fatigué par les incessants changements de cap de ses contacts
au FBI, il a systématiquement enregistré ses conversations.
Avec certains des terroristes mais aussi, c’est plus gênant,
avec ses deux agents traitants au FBI New-York : John Anticev et Nancy
Floyd. Au total ce sont plus de mille conversations que l’ancien
officier égyptien a conservé sur bandes magnétiques.
Plus d’une centaine d’heures d’enregistrements dont
la lecture des transcriptions est édifiante. Car elle permet d’affirmer
que le FBI connaissait en avance les mortels projets du réseau
Rahman. En effet, dès le 6 mai 1992, Emad Salem informe John Anticev
de l’intention des terroristes de s’attaquer prochainement à New-York.
Plus troublant encore, dans l’étrange jeu du chat et de
la souris que se livrent limiers et malfaiteurs, la transcription de
cette conversation nous apprend que l’option attentat à la
bombe a été choisie après une suggestion de la taupe
du FBI. En effet, alors que les terroristes hésitent entre une
vague d’assassinats et des opérations spectaculaires contre
la communauté juive de la ville, c’est Salem qui suggère
de s’attaquer à des lieux symboliques de Big Apple. Placée
hors contexte, cette information peut prêter à confusion
et amener injustement à croire qu’in fine, c’est le
FBI qui a choisi le premier objectif d’Al-Quaeda. En fait, Salem
avait réussi à infiltrer le réseau avec succès
et à devenir le responsable de la sécurité du Sheik
Rahman. Dès lors, il ne peut faire autrement que de participer à ces
conversations préliminaires et à donner son opinion lorsque
un de ses “complices” la lui demande. Mais le plus important à retenir,
c’est que plus de neuf mois avant l’attentat contre les Twin
Towers, le FBI sait.
Mais il y a pire encore. Une des conversations, dont nous avons réussi à nous
procurer un enregistrement, entre Emad Salem et John Anticev au lendemain
de l’explosion du 26 février 1993 révèle le
jeu dangereux joué par le FBI. Ce jour-là, Salem, visiblement
en colère, revient sur la gestion de l’opération
d’infiltration. Quelques semaines avant le 26 février, un
supérieur de John Anticev a décidé de mettre fin à l’opération.
Le terrorisme n’est pas une priorité du FBI et il estime
que les moyens investi dans le projet sont trop important. Revenant sur
l’avancée de l’opération au moment de son soudain
arrêt, Salem déclare sans qu’Anticev le corrige : “ Nous
avions déjà commencé à construire la bombe
qui a explosé plus tard au World Trade Center. Elle a été construite
sous supervision du Bureau et du District Attorney ( NDLR : l’équivalent
américain du Procureur de la République). Et nous étions
tous informé de cela, nous savions tous qu’ils avaient commencé à construire
la bombe. Et par qui ? Par votre serviteur et informateur confidentiel”.
Les révélations de Salem sont graves. Non seulement le
FBI savait en avance de la préparation d’un attentat mais
grâce à son informateur, n’ignore pas non plus que
le projet n’a rien de théorique et qu’une bombe est
en fabrication dans un garage du New-Jersey. Et comme si cela ne suffisait
pas, un autre enregistrement, dévoile le plan original du FBI
: “ C’est votre supérieur qui a tout foutu en l’air.
(S’il n’était pas intervenu), nous aurions construit
la bombe avec des faux explosifs et ensuite nous aurions capturé les
personnes impliquées dans tout cela. Mais ce n’est pas ce
que nous avons fait. Et nous en connaissons tous le résultat”.
En fait ce que révèle Salem est terrifiant. Le FBI New
York, clairement informé des projets des terroristes, n’avait
pas l’intention de prévenir l’attentat. Mais d’altérer
la formule de la bombe, laisse faire l’attentat et ensuite réaliser
un spectaculaire coup de filet. Une stratégie dangereuse qui s’est
avérée suicidaire et qui rappelle les dessous d’un
autre attentat : celui d’Oklahoma City. Là encore, le FBI
avait un informateur au cœur de la conspiration et là encore,
dans son soucis de contrôler l’opération depuis l’intérieur, à été dépassé par
les événements. Avec, là encore, la mort d’innocentes
victimes.
Même si le FBI est extrêmement discret sur l’incroyable
gâchis de l’opération Salem, même si au moment
du procès du réseau Rahman, le Bureau a utilisé ses
réseaux dans les médias pour éviter de revenir sur
les mois précédents le 26 février 1993, il existe
deux enregistrements qui prouvent que le FBI New-York a mesuré pleinement
l’étendue de sa bavure.
Le premier est, une nouvelle fois, une conversation entre Emad Salem
et John Anticev. deux jours après l’attentat. Salem, indigné,
annonce son intention de prévenir le quartier général
du FBI à Washington des erreurs du bureau de New-York. Le Spécial
Agent l’en dissuade d’un : “ je ne pense pas que les
gars de New-York souhaiteraient que cela sorte du bureau de New-York
pour aller jusqu’à Washington.”.
La deuxième, cette fois-ci entre Salem et Nancy Floyd, son autre
contact au FBI, est la preuve indéniable de la responsabilité des
agents de New-York dans le premier attentat contre le World Trade Center.
Alors que son informateur lui raconte qu’Anticev ne souhaite pas
qu’il prévienne Washington, l’agent Floyd répond
: “ Bien sur que non. Ils ne veulent pas avoir leur têtes
coupées”.
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